L’IA fait évoluer l’arsenal des cyberattaquants. Elle peut aider les cybercriminels à concevoir des attaques plus convaincantes, à déployer des techniques d’ingénierie sociale à plus grande échelle et à accélérer leurs activités de reconnaissance, tout en devenant un facilitateur pour les attaquants les moins expérimentés. Les organisations ont donc raison d’y prêter attention, d’autant que l’utilisation malveillante de l’IA rend les failles existantes plus préoccupantes et met davantage à l’épreuve leur niveau de préparation en matière de cybersécurité.

Parallèlement, les premiers points de défaillance restent étonnamment basiques et familiers et impliquent généralement les mêmes causes bien connues : un lien de phishing sur lequel clique un collaborateur ou encore une vulnérabilité qui n’est pas corrigée à temps. Contrairement aux logiciels malveillants véritablement alimentés par l’IA (qui restent encore rares), ces risques ne sont pas les plus spectaculaires en matière de cybersécurité, mais ils demeurent parmi les plus importants pour les entreprises qui cherchent à renforcer leur niveau de préparation.

Panorama ESET 2026 de la Cybersécurité PME en France - Entre confiance et nouvelles réalités

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Heureusement, les menaces qui sont encore à l’origine de la majorité des incidents peuvent être contrées par des mesures de protection éprouvées, qui devraient contribuer à assurer la sécurité de votre entreprise.

Et si la vérité autour des menaces liées à l’IA était ailleurs ?

Selon notre Panorama ESET 2026 de la Cybersécurité PME en France, les « logiciels malveillants alimentés par l’IA » arrivent en tête des préoccupations des PME à l’échelle mondiale pour l’année à venir. En France, cette inquiétude est encore plus marquée (36 %). Toutefois, si l’on entend par là des logiciels malveillants capables d’utiliser l’IA de manière automatisée et en temps réel, le sujet relève encore davantage de la recherche que de la réalité quotidienne des professionnels de la cybersécurité.

En 2025, ESET a découvert le premier exemple de ransomware écrit à l’aide de l’IA. Toutefois, même dans ce cas, il s’agissait probablement d’une preuve de concept (PoC). De son côté, PromptSpy, découvert par ESET plus tôt cette année, est le premier logiciel malveillant Android connu à avoir exploité l’IA générative (GenAI) dans son processus d’exécution afin d’assurer sa persistance.

Les chercheurs spécialisés dans les cybermenaces ont fait peu de découvertes similaires, voire aucune. Par ailleurs, le service mangé d’ESET (appelé aussi MDR – Managed Detection & Response) ne dispose d’aucun élément attestant d’incidents dans lesquels l’IA générative aurait joué un rôle significatif. Si les cybercriminels tirent bel et bien parti de l’IA, rares sont ceux qui l’intègrent aujourd’hui en temps réel à leurs opérations pour automatiser véritablement certaines tâches.

Quelles cybermenaces hantent vraiment votre entreprise aujourd’hui ?

Pour les dirigeants de PME, il serait plus judicieux de se concentrer davantage sur les causes réelles des incidents. Dans de nombreuses entreprises, le premier point de défaillance reste bien connu : un message de phishing qui atteint sa cible, une vulnérabilité qui n’a pas été corrigée, une alerte qui passe inaperçue ou encore un mot de passe qui n’aurait jamais dû être réutilisé. Ces risques ne sont pas les plus spectaculaires en matière de cybersécurité, mais ils restent parmi les plus importants pour les entreprises qui cherchent à renforcer leur niveau de préparation.

À cet égard, les données d’ESET sont particulièrement révélatrices. Elles mettent en évidence les principales menaces auxquelles sont confrontées les petites entreprises :

  • Phishing (31 %) : la télémétrie d’ESET révèle que le phishing était la menace la plus détectée au second semestre 2025 (30,8 %), et que son volume continue d’augmenter. L’ingénierie sociale a toujours été une technique privilégiée des cybercriminels, tandis que le phishing par SMS (smishing) et même par téléphone (vishing) gagne en popularité. La technologie a un rôle à jouer dans la protection des entreprises, mais la formation et la sensibilisation des collaborateurs sont tout aussi indispensables – et souvent plus difficiles à mettre en œuvre efficacement.
  • Vulnérabilités de sécurité non corrigées (24 %) : même les petites organisations peuvent utiliser une grande variété de logiciels, dont certains ne peuvent pas être corrigés simplement en activant les mises à jour automatiques. Le premier défi consiste à savoir précisément quels logiciels sont utilisés et quelles données et quels systèmes critiques pourraient être exposés. Le nombre considérable de vulnérabilités découvertes aujourd’hui, la fréquence à laquelle elles apparaissent et le manque d’expertise pour tester et déployer les mises à jour critiques peuvent également constituer des obstacles.
  • Manque de surveillance de la sécurité (18 %) : vous disposez peut-être de nombreux outils de sécurité, mais avez-vous une plateforme centralisée permettant de collecter, de corréler et de signaler les alertes ? Une surveillance efficace est essentielle pour accélérer la détection des menaces et la réponse aux incidents. Cependant, même les entreprises qui disposent déjà de solutions de surveillance peuvent se retrouver submergées par les alertes, ce qui complique la distinction entre les faux positifs et les véritables menaces.
  • Mots de passe faibles (14 %) : un défi de cybersécurité qui ne date pas d’hier. Malgré l’adoption croissante, dans le secteur, de l’authentification multifacteur (MFA) résistante au phishing et des clés d’accès (passkeys), de nombreuses organisations continuent de s’appuyer sur des mots de passe statiques pour protéger leurs actifs essentiels. Or, les collaborateurs ont tendance à réutiliser leurs mots de passe, ce qui accroît encore le risque de compromission. La première étape consiste à mettre en place une politique de mots de passe robuste. La suivante est de veiller à son application.
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Tendance de la détection des e-mails malveillants en 2025 (source : ESET Threat Report S2 2025)

Des solutions éprouvées face à des menaces bien connues

Cela ne signifie pas pour autant que les PME doivent ignorer les menaces amplifiées par l’IA. Il faut plutôt considérer l’IA comme un outil rendant plus crédible bon nombre des risques évoqués précédemment, plutôt qu’à l’envisager comme générateur unique de menaces entièrement nouvelles. Les cybercriminels utilisent notamment l’IA pour :

  • Améliorer la qualité des messages de phishing, notamment grâce aux deepfakes, et déployer et gérer leurs campagnes à plus grande échelle
  • Réduire le délai d’exploitation des vulnérabilités en identifiant rapidement de nouvelles failles et en développant les moyens de les exploiter
  • Analyser de vastes ensembles de données afin d’identifier les mots de passe couramment utilisés
  • Mener des opérations de reconnaissance sur leurs cibles afin d’identifier plus rapidement les différentes voies d’attaque possibles

L’IA pourrait également réduire le temps dont disposent les entreprises pour réagir. Si les cybercriminels peuvent identifier plus rapidement les systèmes vulnérables, produire plus facilement du code d’exploitation ou automatiser certaines étapes de leurs opérations, le délai entre la divulgation d’une vulnérabilité, le développement d’un moyen de l’exploiter et son exploitation effective risque de se réduire davantage.

Pour une PME qui rencontre déjà des difficultés à inventorier ses actifs et à hiérarchiser l’application des correctifs, cet enjeu est loin d’être négligeable. La leçon à en tirer est claire : négliger les fondamentaux de la cybersécurité devient de plus en plus risqué.

Alors, quelle est la solution ?

La bonne nouvelle, c’est que les bonnes pratiques éprouvées peuvent toujours contribuer à renforcer votre niveau de sécurité. La gestion des vulnérabilités et des correctifs constitue un excellent point de départ. Analysez en continu les systèmes d’exploitation et les applications afin de détecter les vulnérabilités connues (CVE) et d’identifier les risques d’exposition, puis déployez automatiquement les mises à jour selon les politiques définies et le niveau de risque.

La sécurité des identités devient de plus en plus essentielle. Les gestionnaires de mots de passe permettent de créer et de stocker des identifiants robustes et uniques pour les collaborateurs. Mais même avec ces outils, l’authentification multifacteur (MFA) est aujourd’hui une mesure de protection incontournable. Utilisez également des solutions de gestion des accès à privilèges (PAM) afin de réduire la surface d’attaque et de protéger les comptes les plus sensibles.

Pour pallier le manque de compétences en cybersécurité et améliorer la surveillance, vous pouvez confier la détection des menaces et la réponse aux incidents à un prestataire de confiance. Le recours à un service de détection et réponse managées (MDR) peut également réduire les problématiques de complexité et d’intégration. En France, 58 % des entreprises qui délèguent leur sécurité s’appuient sur un service de type MDR (Managed Detection and Response) pour bénéficier d’une défense approfondie.

Objectif : préparation & résilience

En définitive, aucune organisation n’est trop petite pour être la cible d’une cyberattaque. Il est donc essentiel d’adopter une approche proactive en matière de cybersécurité. Être véritablement préparé aux cybermenaces, c’est être capable de les prévenir, de les détecter et d’y répondre : une étape essentielle pour renforcer la résilience de l’entreprise.

Vous pourrez atteindre cet objectif bien plus rapidement en portant un regard lucide sur les menaces auxquelles votre organisation est réellement confrontée. Pas celles qui font les gros titres, mais celles qui ont un impact concret.