Malgré toutes les avancées de la technologie moderne, nous continuons à nous appuyer sur des méthodes plus traditionnelles. C’est particulièrement vrai en matière de communication. Entre les e-mails, les visioconférences, les messages instantanés, les réseaux sociaux et les textos, beaucoup préfèrent encore la simplicité et la familiarité d’un appel vocal. Les escrocs en sont bien conscients. Ils savent aussi que nous sommes souvent plus vulnérables lorsqu’une personne nous parle directement. L’être humain est naturellement enclin à croire ce qu’on lui raconte. De plus, la communication orale ne laisse que peu de temps pour réfléchir, ce qui donne aux fraudeurs, y compris via des appels automatisés, davantage d’occasions d’utiliser des techniques classiques d’ingénierie sociale.
Que signifie l'indication « arnaque probable » ?
Vous avez peut-être remarqué la mention « arnaque probable » ou une indication similaire sur certains appels entrants. Comme son nom l'indique, cela signifie que votre opérateur téléphonique suspecte que la personne (ou le système automatisé) qui vous appelle a de mauvaises intentions. D'autres mentions similaires peuvent être « arnaque suspectée », « spam potentiel » ou « fraude potentielle ». Les opérateurs téléphoniques utilisent différentes méthodes pour évaluer la probabilité qu'un appel soit frauduleux ou indésirable. Cela comprend les signalements des clients et l'analyse du réseau, par exemple, la détection d'un numéro effectuant de nombreux appels successifs à des personnes inscrites sur une liste d'opposition au démarchage. Les appels VoIP peuvent également constituer un signal d'alerte. La plupart des opérateurs compilent ensuite ces numéros « à risque » dans une base de données de vérification. Une chose est certaine : vous devriez probablement tenir compte de cet avertissement. Car les études montrent que la fraude téléphonique et le spam atteignent des niveaux records.
Comment ont-ils obtenu votre numéro ?
Même si votre numéro figure sur une liste d’opposition au démarchage, les fraudeurs peuvent toujours y accéder par divers moyens. Ils peuvent notamment :
- le récupérer sur des profils publics de réseaux sociaux ;
- l’obtenir à la suite d’une fuite de données ancienne chez un prestataire auquel vous l’avez communiqué ;
- vous inciter à le divulguer via un e-mail de phishing ;
- l’acheter auprès de courtiers en données, dont l’activité consiste à collecter et revendre des informations personnelles ;
- utiliser des logiciels automatisés capables de générer et d’appeler des numéros au hasard dans un indicatif donné.
Mesurer l’impact de ces arnaques
En 2023, 16 % des consommateurs dans le monde ont déclaré avoir perdu de l’argent à cause d’arnaques téléphoniques. Cette proportion est encore plus élevée dans certains pays, comme l’Allemagne (19 %) et la France (18 %). À cela s’ajoute le temps perdu : les consommateurs estiment consacrer en moyenne neuf minutes par semaine, soit près de huit heures par an, à trier les appels indésirables.
Quelles sont les principales arnaques téléphoniques ?
Plusieurs acteurs peuvent être impliqués dans les appels frauduleux : les télévendeurs eux-mêmes, les « générateurs de prospects » qui collectent et revendent des numéros, ainsi que les entreprises VoIP qui facilitent les appels automatisés illégaux. Vous pouvez notamment être confronté aux situations suivantes :
- Arnaques par usurpation d’identité (vishing) : le fraudeur se fait passer pour une administration, une banque, une entreprise technologique, un fournisseur d’énergie, la police ou toute autre autorité. Il peut prétendre que vous devez de l’argent, que vos comptes sont menacés ou qu’il doit vérifier certaines informations personnelles, et vous inciter à transférer des fonds vers un compte soi-disant sécurisé.
- Arnaques au faux support technique : un escroc se présentant comme un service légitime vous demande d’installer un logiciel de prise de contrôle à distance pour résoudre un problème inexistant. Une fois l’accès obtenu, il peut voler des données sensibles ou installer de véritables logiciels malveillants.
- Arnaques à l’investissement : l’appelant promet des rendements élevés via une opportunité fictive, dont le seul bénéficiaire est l’escroc lui-même.
- Arnaques aux faux gains : vous êtes informé d’un prétendu gain à un tirage au sort, mais devez payer des « frais » ou fournir des informations personnelles pour le recevoir.
- Appels de télémarketing : ils peuvent être simplement intrusifs, ou dissimuler des tentatives de vente de produits surfacturés ou contrefaits.
- Appels automatisés : certains sont légitimes (rappels médicaux, campagnes politiques), mais ils servent aussi de vecteur à des arnaques à grande échelle. En 2023, la Federal Trade Commission américaine a reçu 1,2 million de plaintes liées aux appels automatisés, un chiffre probablement très inférieur à la réalité.
Comment se protéger des appels frauduleux ?
- S’inscrire sur une liste d’opposition au démarchage : de nombreux pays disposent de registres nationaux destinés à limiter les appels commerciaux légitimes.
- Contacter les courtiers en données : ces acteurs jouent un rôle clé dans la diffusion des numéros. Il est possible de demander à être retiré de leurs bases.
- Bloquer les numéros indésirables :
- Sur iOS : ouvrez les appels récents, appuyez sur l’icône « i », puis sélectionnez « Bloquer l’appelant ».
- Sur Android : ouvrez l’application Téléphone, accédez à l’historique, sélectionnez le numéro concerné et choisissez « Bloquer / signaler comme spam ». Vous pouvez également utiliser les fonctions de filtrage proposées par une solution de sécurité mobile.
Il est essentiel de ne jamais communiquer d’informations personnelles ou bancaires par téléphone, ni d’autoriser l’installation de logiciels à distance sur votre ordinateur.






