Les jeux vidéo modernes ne sont plus seulement des jeux. Ils combinent à la fois réseaux sociaux, discussions de groupe et aventures partagées. Les enfants passent leur temps libre à construire des villes dans Minecraft, à faire la course avec des amis ou à faire équipe avec des joueurs d'e-sport qu'ils n'ont jamais rencontrés dans la vraie vie. Cependant, les mêmes fonctionnalités qui rendent le jeu social et passionnant peuvent aussi exposer les joueurs au cyberharcèlement, au harcèlement et à la manipulation. Comprendre ce qui se passe au sein d'un jeu (et surtout comment y réagir) permet aux parents de créer un espace plus sécurisé pour leurs enfants. 

Savez-vous repérer le cyberharcèlement ? Voici 4 signes avant-coureurs auxquels les parents doivent prêter attention 

Le cyberharcèlement dans les jeux vidéo commence rarement par un incident dramatique. Le plus souvent, il s’agit d’un comportement répété qui transforme peu à peu une activité positive en une expérience stressante.  

Le harcèlement existe aussi bien en ligne que hors ligne. Quelle est la différence ? 

Harcèlement 

Actes préjudiciables intentionnels et répétés qui se produisent en face à face à l’école, dans la cour de récréation ou dans d’autres environnements hors ligne. 

Cyberharcèlement 

Comportement agressif répété perpétré par le biais de moyens de communication numériques tels que les réseaux sociaux, les applications de messagerie, les forums ou les e-mails. 

 Le cyberharcèlement dans les jeux en ligne 

Harcèlement qui se produit au sein d'un environnement de jeu, souvent en temps réel. L'agresseur est fréquemment un inconnu, et le comportement peut inclure des insultes, l'exclusion d'équipes, des menaces, l'utilisation abusive de comptes, du chantage ou des tentatives d'obtenir des informations personnelles ou de connexion. 

1. Des insultes constantes déguisées en « culture du jeu »  

Les taquineries entre adversaires sont courantes dans les jeux en ligne. Mais lorsqu’un enfant est sans cesse traité de « noob » ou d’« incapable », ou qu’on lui impute la responsabilité de chaque défaite, il ne s’agit plus de simples taquineries. Selon les experts en comportements à risque en ligne, le harcèlement dans les jeux reflète souvent le cyberharcèlement classique, caractérisé par des humiliations répétées, des surnoms insultants et des attaques verbales ciblées. Au fil du temps, cela peut nuire à la confiance de l’enfant et le rendre anxieux à l’idée de jouer. 

2. Changements d’humeur après le jeu  

Observez ce qui se passe une fois la partie terminée. Votre enfant semble-t-il tendu, en colère, inhabituellement silencieux ou bouleversé ? Est-ce qu'il perd soudainement tout intérêt pour un jeu qu’il appréciait auparavant ? Les changements émotionnels sont souvent le premier signe visible que quelque chose ne va pas dans le jeu. N’ignorez pas ces signaux d’alerte et demandez à vos enfants si tout va bien. 

Statistiques récentes sur le jeu vidéo à ne pas ignorer 

Il y a 3,8 milliards de personnes qui jouent aux jeux vidéo dans le monde 
Aux États-Unis, 85 % des adolescents âgés de 13 à 17 ans déclarent jouer aux jeux vidéo, et environ 4 sur 10 le font quotidiennement 
57 % des parents joueurs affirment avoir initié leur enfant aux jeux vidéo 
44 % des parents joueurs disent que leur enfant a commencé à jouer avant l’âge de cinq ans 
55 % des joueurs déclarent avoir augmenté leur temps de jeu au cours des six derniers mois 
Parmi les premiers jeux populaires figurent Minecraft et Roblox, où les enfants interagissent avec du contenu créé par les utilisateurs et avec d’autres joueurs 

Sources : Rapport BCG sur le jeu vidéo (2026), enquête du Pew Research Center (2024) 

3. Poursuivre la conversation ailleurs 

Une tactique courante des cyberharceleurs consiste à demander à l’enfant de poursuivre la discussion sur Discord, WhatsApp ou une autre plateforme. Pourquoi ? Lorsque les échanges sont dispersés sur plusieurs plateformes, ils deviennent plus difficiles à surveiller pour les parents, les outils de modération et de signalement peuvent ne plus s’appliquer, et la conversation peut rapidement passer de sujets liés au jeu à des sujets personnels. Dans les cas plus graves, cela peut être la première étape vers la manipulation, le harcèlement, voire le grooming (mise en condition d’un adulte à des fins d’exploitation, souvent sexuelle). 

4. Secret et évitement 

Si votre enfant cache soudainement son écran lorsque vous entrez, joue uniquement avec un casque, refuse de parler du jeu ou se met sur la défensive lorsqu’on lui pose des questions sur ses activités de jeu, il peut être confronté à des interactions négatives et ne pas savoir comment y faire face. Le facteur de protection le plus important ici est de construire une relation dans laquelle l’enfant se sent en sécurité pour dire : « Il s’est passé quelque chose dans le jeu. J’ai besoin de ton aide. » 

Le saviez-vous… 

Le cyberharcèlement dans les jeux peut même évoluer vers de la fraude ou du chantage. Selon le professeur Kamil Kopecký, spécialiste des comportements à risque en ligne : 
« La base de la prévention du cyberharcèlement dans les jeux en ligne est de ne pas fournir trop d’informations personnelles aux autres joueurs, car elles peuvent être utilisées à mauvais escient. Comme les noms ou les adresses, et surtout aucune photo ou vidéo intime. » 

Assurez-vous que votre enfant considère toute pression pour partager des informations personnelles comme un signal d’alerte et qu’il se sente en confiance pour vous en parler si cela se produisait. 

Comment réagir : des moyens concrets pour protéger les jeunes joueurs 

L’objectif n’est pas de contrôler chaque minute de jeu, mais de donner aux enfants les outils et la confiance nécessaires pour rester en sécurité. Voici quelques conseils pour y parvenir. 

1. Intégrer le jeu dans les conversations du quotidien 

Au lieu de demander uniquement combien de temps ils passent devant un écran, demandez : Avec qui as-tu joué aujourd’hui ? As-tu aimé le jeu ? Est-ce que quelque chose t’a semblé agaçant ou injuste ? 

2. Établir une règle simple de confidentialité 

Les enfants ne doivent jamais partager leur adresse, leur école ou leur localisation, ni leurs mots de passe ou identifiants. Ils doivent également être très prudents lorsqu’ils partagent leur vrai nom, ainsi que des photos ou des vidéos. Expliquez-leur que la plupart des joueurs sont des inconnus, même s’ils paraissent sympathiques. 

3. Encourager les enfants à garder le contrôle 

Montrez à votre enfant comment couper le son des discussions vocales ou textuelles, bloquer un joueur et signaler un comportement abusif. Ainsi, il saura quelles démarches suivre s’il est confronté à un comportement inapproprié dans un jeu. 

Le cyberharcèlement dans la vraie vie : l’histoire d’Emma 

Nous avons discuté du cyberharcèlement avec une personne qui l’a vécu en première ligne. Emma, âgée de seize ans au moment où elle a partagé son expérience : 

« J’avais un groupe d’amis avec qui je jouais à World of Warcraft et League of Legends. Ils savaient que j’étais aussi joueuse et m’ont invitée à essayer les jeux en ligne en équipe avec eux. Nous avons commencé avec League of Legends. Comme pour tout nouveau jeu, il m’a fallu un certain temps pour comprendre son fonctionnement, m’habituer aux commandes et apprendre les stratégies. Pour m’entraîner, je jouais parfois avec des joueurs aléatoires, ce que je trouvais assez difficile. 

Lorsque certains joueurs réalisaient que j’étais une fille, cela se traduisait généralement par le fait qu’ils me tenaient responsable des parties perdues, refusaient de m’inclure dans les parties suivantes et recouraient parfois à des propos grossiers et des insultes. À l’inverse, les joueurs plus gentils ressentaient le besoin de tout m’expliquer en détail et de tout décrire. Même des choses que je leur disais déjà connaître et comprendre, ils me disaient quoi faire comme si j’étais une simple marionnette dans leur propre jeu. 

Ils ne reconnaissaient pas le fait que je puisse avoir mon propre raisonnement et mes opinions, ni que je puisse jouer d’une manière qui me convienne. En fin de compte, après quelques mois, j’ai décidé d’arrêter complètement de jouer à ces jeux. Et je ne joue même plus avec mes amis, car quelques personnes ont gâché mon expérience en ligne du jeu vidéo. » 

4. Conserver des preuves avant de bloquer 

En cas de harcèlement, encouragez votre enfant à faire des captures d’écran ou des enregistrements et à conserver l’historique des discussions. Cela peut permettre de signaler les joueurs abusifs via les fonctionnalités du jeu et/ou les systèmes de signalement. 

5. Aider les enfants à trouver un environnement de jeu adapté 

Jouer avec des amis, des frères et sœurs ou dans des communautés modérées réduit considérablement les risques. Encouragez les enfants à quitter les groupes toxiques : ils n’ont pas à tolérer de mauvais comportements pour pouvoir continuer à jouer. Une expérience de jeu saine ne consiste pas à éviter les univers en ligne, mais à y construire un environnement sûr. 

Glossaire du gamer 

Si vous vous plongez dans l’univers du jeu en ligne, vous vous rendrez vite compte qu’il possède son propre langage. Entre argot spécifique et acronymes, cela peut être déroutant pour les débutants surtout que beaucoup viennent de l'anglais. Voici un vocabulaire pratique pour vous aider, vous et vos enfants, à naviguer facilement dans le monde du gaming. 

AFK (Away From Keyboard) : utilisé pour indiquer aux autres qu’un joueur s’absente temporairement de son ordinateur ou de sa console. 

Buff : amélioration temporaire des capacités ou des statistiques d’un joueur. 

Camping : rester au même endroit pendant une longue période, souvent à un point stratégique, afin de prendre l’avantage sur les autres joueurs. 

Clans : groupes ou équipes de joueurs qui jouent régulièrement ensemble. Les clans ont souvent leur propre nom, logo et hiérarchie. 

Cooldown : temps d’attente avant de pouvoir réutiliser une compétence ou un objet. 

GG (Good Game) : expression polie échangée entre joueurs à la fin d’une partie, quel que soit le résultat. 

GGEZ (Good Game, Easy) : variante de GG, suggérant que la partie était trop facile. 

Git Gud : déformation volontaire de “get good”, expression souvent humoristique utilisée pour dire à quelqu’un d’améliorer ses compétences au lieu de se plaindre de la difficulté. 

Grinding : effectuer des tâches répétitives dans un jeu pour atteindre un objectif, comme monter de niveau ou obtenir certains objets. 

Hitbox : zone d’un personnage ou d’un objet dans le jeu qui peut être touchée ou avec laquelle on peut interagir. 

Lag : décalage entre les actions du joueur et la réponse du jeu, souvent dû à une connexion Internet lente. 

Lamer : similaire à “noob”, mais avec l’idée que le joueur est non seulement inexpérimenté, mais aussi peu disposé à apprendre ou à s’améliorer. 

Loot : objets, équipements ou ressources obtenus dans le jeu, souvent en battant des ennemis ou en accomplissant des quêtes. 

Mob (Mobile Object) : entités hostiles dans un jeu avec lesquelles les joueurs peuvent interagir, souvent dans un but de combat. 

Nerf : réduction de l’efficacité d’un élément du jeu, souvent pour équilibrer le gameplay. 

Noob (ou Newbie) : terme désignant un joueur débutant ou inexpérimenté. Peut être utilisé de manière taquine, mais aussi de façon péjorative. 

NPC (Non-Player Character) : personnage contrôlé par le jeu et non par un joueur. Géré par l’IA, il peut donner des quêtes, des informations ou proposer des interactions. 

PVE (Player vs. Environment) : mode de jeu où les joueurs affrontent des défis ou des ennemis contrôlés par l’ordinateur. 

PvP (Player vs. Player) : mode de jeu impliquant une confrontation directe entre joueurs. 

Rage Quit : lorsqu’un joueur quitte brusquement une partie sous le coup de la frustration ou de la colère. 

Respawn : fait pour un joueur de réapparaître dans le jeu après avoir été éliminé. 

Découvrez comment les outils de cybersécurité peuvent vous aider 

Les solutions modernes de cybersécurité offrent une couche de protection supplémentaire contre les dangers en ligne, notamment grâce à des outils permettant de gérer le temps d’écran des enfants, d’empêcher les clics sur des liens de phishing et d’autres fonctionnalités visant à assurer leur sécurité ainsi que celle de leurs ordinateurs pendant le jeu. 

ESET HOME Security Ultimate est une solution tout-en-un qui regroupe toutes ces protections (et bien plus encore) couvrant de nombreux aspects de la sécurité en ligne, tout en restant facile à gérer via une plateforme unique. 

Voici quelques-unes de ses fonctionnalités : 

  • Antivirus et antimalware : combinent l’IA, l’apprentissage automatique et l’expertise humaine pour protéger les joueurs contre des menaces, même inédites. 
  • Anti-phishing : bloque les tentatives de phishing provenant de sites malveillants, qui peuvent par exemple être partagés par des inconnus jouant avec vos enfants. 
  • Contrôle parental : utilise des filtres de contenu et des contrôles d’utilisation pour protéger la vie numérique des enfants en fonction de leur âge. 
  • ESET VPN : offre une protection VPN illimitée pour sécuriser les connexions Internet et empêcher le suivi indésirable des enfants et des autres membres de la famille. 
  • Mode Gamer : désactive les notifications pendant le jeu pour une expérience sans interruption.