Saison des présentations: conseils pour les orateurs occasionnels

L’orateur occasionnel – 1ère partie

Prendre la parole peut constituer une expérience éprouvante, même pour les présentateurs les plus aguerris. Mais pour un orateur occasionnel, ce défi peut s'avérer terrorisant. Quelques conseils, pour vous aider à préprarer vos prochaines présentations.

Prendre la parole peut constituer une expérience éprouvante, même pour les présentateurs les plus aguerris. Mais pour un orateur occasionnel, ce défi peut s’avérer terrorisant. Quelques conseils, pour vous aider à préprarer vos prochaines présentations.

À l’approche de la saison des conférences (sur la sécurité), mes pensées reviennent sur les nombreuses présentations que j’ai subies et infligées au cours des trois dernières décennies. (Ne vous méprenez pas : il y en a eu aussi beaucoup que j’ai appréciées).

Heureusement pour le monde entier, ma présentation sur le dépistage au Virus Bulletin en 2017 a peut-être constitué ma dernière apparition publique dans le contexte de la sécurité. En effet, voyager n’est pas particulièrement facile à mon âge. Malheureusement, cela signifie que je vais manquer quelques présentations importantes (surtout celles qui sont des présentations autonomes, plutôt que celles basées sur un article). Heureusement, cela signifie aussi que je vois maintenant moins d’orateurs et de présentations comme celle-ci : une parodie classique du triomphe du style sur la substance.

En fait, il y a beaucoup d’information dans ce clip sur la façon d’imiter un certain style de présentation, et vous retrouverez peut-être des échos de ces informations dans cette série d’articles. Après tout, les discussions TED sont peut-être irrésistibles, mais elles ont beaucoup de succès parce qu’elles ont tendance à donner la priorité aux bonnes techniques de présentation et qu’elles sont destinées à inclure un bon contenu. Ce qui signifie que même une présentation d’un tel ou tel type peut générer des réflexions utiles sur la façon de faire au mieux.

Dans le domaine de la sécurité comme dans plusieurs autres, le potentiel d’une conférence utile dépend généralement de la qualité de ses communications et de ses présentations, d’où l’importance de maintenir la qualité, et donc l’intérêt des délégués. Heureusement, même s’il n’est pas toujours facile pour un bon article de survivre à une mauvaise présentation, cela arrive. A l’inverse, une présentation habile, faible en contenu utile, peut marquer les mémoires, mais son attrait est éphémère, puisqu’elle constitue davantage un divertissement qu’une occasion d’améliorer notre connaissance du sujet.

« Au final, l’essentiel est de transmettre un message. »

Il n’y a, bien sûr, aucune raison pour qu’une présentation ne soit pas à la fois divertissante et riche en contenu. De mon point de vue (ou de ma position assise, c’est selon), les meilleures présentations sont effectivement les deux. Mais la valeur du divertissement n’est pas la seule mesure de l’efficacité. Au final, l’essentiel est de transmettre un message.

Je ne prétends pas être moi-même un orateur accompli ou charismatique. En fait, j’ai eu tendance à préférer les cas où je rédige la totalité de l’article et où quelqu’un d’autre a fait la plupart ou la totalité de la présentation. Cependant, j’ai vu et fait suffisamment de présentations pour faire quelques suggestions aux personnes qui se décomposent à l’idée même de parler en public, et qui en viennent donc habituellement à éviter cette forme particulière de torture, afin de les aider à élever la barre pour leur première présentation au congrès. C’est le premier pas vers la construction de votre propre confiance par l’expérience.

De nombreux conférenciers sont des professionnels de l’industrie qui sont souvent appelés à faire des présentations publiques dans le cadre de leur description de travail, ce qui leur impose des standards très élevées. En effet, certaines conférences se concentrent tellement sur une présentation charismatique et élégante qu’elle devient plus importante qu’un contenu novateur et de qualité. Si vous voulez briller dans ce genre d’événement, vous avez probablement besoin de l’aide de spécialistes, comme ceux du Programme d’éducation internationale Toastmasters. Histoire de vous montrer que je ne suis pas simplement modeste quant à mon manque de charisme, cela m’a été recommandé à plusieurs reprises par des gens qui voulaient faire de moi un orateur professionnel – ou du moins meilleur -. Cependant, faire des présentations sur la sécurité comme l’une de mes principales activités n’a jamais fait partie de mes objectifs de vie, et certainement pas à mon âge).

Il serait peut-être cynique de suggérer que vous pourriez démarquer de la masse en apprenant simplement des tours de magie ou le ukulélé. (En fait, je peux jouer du ukulélé – c’est l’un des effets secondaires d’être un guitariste raisonnablement compétent – mais il est peu probable que je tire profit de cette compétence particulière dans le marché de la sécurité…). J’ai cependant vu ces techniques ou des techniques similaires utilisées très efficacement pour capter l’attention d’un public, pas seulement pour créer un effet, mais afin de maximiser l’impact du message.

« De nombreux conférenciers sont des professionnels de l’industrie qui sont souvent appelés à faire des présentations publiques dans le cadre de leur description de travail, ce qui leur impose des standards très élevés. »

Ceci dit, toutes les conférences sur la sécurité ne se limitent pas à une série de présentations de vente, même si elles fournissent une excuse pour de grands divertissements hors-piste et des réseaux sociaux. Une partie de la valeur d’une conférence comme Virus Bulletin (à mes yeux du moins), qui offre une quantité importante de contenu technique, c’est qu’une grande partie du contenu de l’industrie provient des boffins, qui font des recherches sur les menaces et développent les produits, et leurs idées sont extrêmement précieuses, même si elles ne sont pas nécessairement des présentateurs sur la liste des meilleurs. D’autres conférenciers de l’industrie, les chercheurs indépendants et les chercheurs en entreprise, ont également des idées et des points de vue pertinents pour l’industrie et pour les clients, qui peuvent être moins orientés techniquement. Personnellement, j’ai eu tendance à privilégier l’aspect éducatif plutôt qu’ubergeek, et il semble qu’il y ait de la place pour cela aussi. Il y a certainement une demande pour ça.

Ça ne veut pas dire que je n’apprécie pas le divertissement et le réseautage social (sans oublier l’alcool et les ajouts à ma collection de tee-shirts…).

Vous pouvez parler…

présentations et conférences

Comment pouvons-nous maintenir les avantages d’un contenu riche tout en maintenant des standards de présentation élevées? En principe, n’importe qui peut apprendre des techniques de présentation. Certaines personnes (comme je les envie!) peuvent se contenter d’utiliser un article comme point de départ pour une présentation improvisée – ou une présentation qui est si bien préparée qu’elle semble improvisée – mais n’importe qui peut remplacer cette improvisation naturelle par une bonne préparation. Presque tous les articles que j’ai lus et qui donnent des conseils sur la présentation soulignent le besoin de paraître spontané. Je suppose que cela signifie que si vous ne pouvez pas improviser, mémoriser; si vous avez besoin de plus d’indices que ce que les diapositives vous donnent, utilisez des fiches de repères plutôt que des notes imprimées; et ainsi de suite. Apparaître spontané, mais raffiné est hautement souhaitable. Mais si spontané représente une trop grande marche, vous pouvez quand même tâcher d’être raffiné.

C’est l’heure des aveux. J’ai appris à ne pas faire confiance à ma mémoire et j’ai choisi de privilégier le chronométrage précis (et d’éviter – autant que possible – le bégaiement qui m’affecte depuis mon enfance) à la spontanéité. Cela ne fonctionne pas pour tout le monde – que ce soit dans mon auditoire ou parmi ceux qui font leurs propres présentations – mais c’est plus efficace que de paniquer sur l’estrade. Et c’est peut-être suffisant pour vous, surtout si vous n’avez pas l’intention de devenir un habitué du circuit des conférences. Ceci dit, il y a plusieurs façons de rendre cette approche moins rigide.

  • Ne vous contentez pas de lire des extraits d’article : une bonne présentation naît d’un article, et ne se contente pas de résumer son contenu ou même d’essayer de comprimer un article complet, d’environ 16 pages, en 30 minutes ou moins. (Si votre publication est en fait vos notes de présentation. Je crois qu’il est correct de ne pas varier de manière significative dans le contenu, bien que certains seront en désaccord avec l’endroit où les notes sont réellement publiées). Toutefois, il est tout à fait permis qu’un exposé soit très différent du document sur lequel il est fondé, pourvu qu’une proportion acceptable de l’auditoire soit incitée à le lire.
  • Sur cette base, essayez de bien comprendre les différences entre le contenu que votre auditoire peut retirer d’une présentation (surtout lorsqu’il s’agit d’une présentation parmi tant d’autres présentées sur plusieurs jours) et un document que le lecteur peut probablement lire plus rapidement que vous ne pouvez le livrer oralement. Si vous comprenez cela, vous pouvez prendre des mesures pour vous assurer qu’ils ont les points saillants, plutôt que de les noyer dans les détails.
  • Les pires présentations que je n’aie jamais vues – et j’ai assisté à encore plus de mauvaises présentations que je n’en ai présentées – étaient celles où un présentateur se contentait de lire les phrases sur ses diapositives. Plus souvent qu’autrement, ces diapositives étaient aussi parmi les pires : visuellement peu inspirantes, trop nombreuses, trop encombrées. Je reviendrai sur la conception de la présentation plus tard dans cette série.

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